Le gaz sulfureux
Qu’appelle-t-on « gaz sulfureux »?
Le gaz dit sulfureux est un gaz naturel dont la teneur en sulfure d’hydrogène (H2S) est supérieure à 1 %. À faible concentration, il se caractérise par une forte odeur d’œufs pourris. On le trouve généralement dans les gisements de gaz situés à de grandes profondeurs et soumis à de fortes pressions, par exemple sous les contreforts albertains des montagnes Rocheuses.
Quelles sont les applications du sulfure d’hydrogène?
Près de 99 % du soufre contenu dans le gaz sulfureux de l’Ouest canadien est récupéré. On obtient du soufre élémentaire qui entre dans la fabrication des engrais, du papier, des produits pharmaceutiques, de l’acier, etc. Le Canada est l’un des premiers producteurs de soufre de la planète et un chef de file mondial en ce qui concerne les technologies qui en permettent l’extraction et l’exploitation sécuritaires.
Environ un tiers du gaz extrait en Alberta est sulfureux. La province produit près de 85 % du gaz sulfureux canadien. À peu près tout le reste est extrait en Colombie-Britannique. On compte plus de 6 000 puits de gaz sulfureux en Alberta, raccordés à 18 000 kilomètres de pipelines. Environ 250 usines albertaines en assurent le traitement, dont plus de 50 de grande taille qui produisent par ailleurs du soufre élémentaire.
Le gaz sulfureux pose-t-il problème?
De plus en plus de résidents qui vivent à proximité des sites d’extraction ou de traitement du gaz (ou du pétrole) sulfureux s’opposent avec détermination à l’exploitation de cette ressource, en raison des menaces que, selon eux, elle ferait peser sur la santé et la sécurité des populations. Qu’en est-il exactement? Même à très faible concentration, le sulfure d’hydrogène est toxique pour les humains et les animaux. Entre 10 et 750 ppm (parties par million), sa toxicité augmente et, au-delà de 750 ppm, il est mortel pour les humains. La plupart des gens peuvent détecter l’odeur caractéristique de ce gaz (semblable à celle des œufs pourris) dès que sa concentration se situe entre 0,1 et 0,3 ppm. À 20 ppm ou davantage, on peut éprouver de légers picotements dans les yeux et les voies nasales; les travailleurs doivent porter un appareil respiratoire. Au-delà (vers 100 ppm), le sulfure d’hydrogène devient plus dangereux, car il annihile rapidement le sens de l’odorat. Après une heure d’exposition alors que la concentration est de 150 ppm, de graves effets sur la santé se font sentir (étourdissements, légère difficulté à respirer). Au-delà de 750 ppm, la personne peut mourir si elle n’est pas immédiatement évacuée et réanimée.
Une ressource abondante
En raison des progrès technologiques réalisés par les exploitants des gisements non traditionnels, les réserves gazières nord-américaines s’accroissent depuis dix ans. Grâce aux nouvelles technologies, des ressources inexploitées jusqu’ici deviennent rentables.
Fiches d’information
Le Canada dispose de vastes ressources gazières offrant des possibilités d’exploitation dans plusieurs régions du pays se déclinant en plusieurs types de gisements. Depuis plus de 50 ans, soit les balbutiements de l’exploration gazière, les ressources classiques qu’on retrouve surtout dans l’Ouest canadien forment la base de la croissance de la production, des réseaux de transmission et de la consommation du gaz naturel.